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Les révolutions de la Terre. Le premier édito d’uneexpo faisait déjà référence à Michel Puech, que nous admirons ici pour avoir montré à quel point nos objets technologiques, et notamment Internet, meurent d’envie d’entrer en synergie avec les objets forgeant une culture digne de ce nom. Depuis, comme l’agora qui organisait le territoire d’Athènes, ce site dévolu et dévoué à l’actualité de l’art, populaire par nature et par souhait, résultat d’une diversité de sensibilités et de parcours, façonne son paysage. Il n’a pas le droit de se réclamer d’une seule philosophie : ce serait impossible et malhonnête.
On peut cependant assumer des attachements et des affections. C’est pourquoi, repensant à la fois à la tradition du commencement d’année et à Michel Puech, je choisis l’attitude de la résolution. Cette attitude implique un exercice que les artistes aussi connaissent bien, je crois : la transformation de soi par soi, forme de lutte très intime qui se pratique dans l’arène de l’être. Parfois il s’agit de se changer ; d’autres fois il s’agit de résister. Beaucoup d’œuvres d’art, une multitude de productions de l’esprit et des mains de l’homme proviennent de ce combat. Et, en ce sens, l’artiste cherche à transpercer l’armure de l’Ego par les volées altières de flèches étrangères. Mon expérience d’uneexpo, je veux dire du site et de ce ou ceux qu’il m’a fait rencontrer, c’est cette confrontation avec ce qui est différent de moi, avec l’autre. C’est ce qui me permet et nous permet de rester résolus. En ces temps (mais en quels temps n’est-ce pas le cas ?), la création est nécessaire. Mais la résistance l’est tout autant, comme condition de la transmission de ce qui a été accompli. Par exemple résister à l’infecte pâte des médias réputés professionnels, particulièrement insipide et pauvre lorsqu’il s’agit de proposer des expériences culturelles. Résister encore aux discours politiques, lesquels adhèrent le plus souvent aux préoccupations les plus basses de l’être humain lorsque précisément il ne veut rien changer, se résoudre à rien. Résister à la violence enfin, en faisant de la Toile universelle le maquis pacifique où un choix d’œuvres aimées trouvera son exposition au grand air et à l’azur. Et ainsi apprendre à sentir les révolutions de la Terre. Thomas Demoulin
Crédit photographique : NASA
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