Akrylonumerique Black Book |
| Écrit par uneexpo.com | |
| Jeudi, 28 Janvier 2010 08:52 | |
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Gilbert : La Musique est un élément moteur indissociable et un média incontournable pour un projet comme Akrylonumérique. Nous sommes de cette génération clips qui associe images et musique. Il faut savoir qu'une partie des intervenants sur le projet sont aussi des musiciens. Pour Kandinsky, c'est une autre époque et une autre approche… Nick : Kandinsky avait un regard de plasticien sur la musique. Il y a aussi l'exemple de Mondrian, même si son travail paraît froid et rationnel. Il a expérimenté cette relation avec une peinture comme « Broadway Boogie Woogie » et le Jazz. Notre approche est différente car nous conjuguons rythme et peinture. Il y a vraiment cet aspect générationnel, le mélange des genres, la culture Hip-hop, le Djing dans la performance…
Gilbert : Kandinsky a « cassé » le truc académique et proposait une recherche autour du son et de la musique. Il vivait dans une période de révolution artistique et musicale (ndlr, Kandinsky s'appuie sur le modèle musical du compositeur Schönberg). Les nouveaux médias permettent une liberté des croisements des genres. Pour la performance, ils sont mis en phase dans un espace cohérant aux services de l'image et la musique. De lui à nous, la boucle est complète, l'on peut dire. Quelles sont les réflexions qui se posent pour une réalisation comme celle-là, entre les différents intervenants? Gilbert : Nos réflexions se portent sur tout, le Graffiti, la Musique, l'Actualité et nos propres discussions. Elles construisent l'histoire que nous racontons. Elle est narrative mais pas linéaire, c'est une succession de tableaux vivants. À la fin, nous laissons la trace du processus de création comme le font les médias… Nous les digérons et nous les balançons sur le mur. C'est un acte révolutionnaire : tout détruire pour que les choses se reconstruisent. Nick : Nous avons des restrictions dans la préparation et le timing. Nous manquons de temps pour expérimenter. Mais j'aime l'idée de la masse anonyme (les intervenants) pendant la performance. Tu vois des graffeurs, des graphistes et des techniciens qui échangent. Cela rend au spectateur la « recette » utilisée visible en temps réel et à taille humaine. Ce n'est pas juste un écran devant lui. Gilbert : Nous sommes des artistes qui se réunissent pour une œuvre qui leur ressemble. Il y a d'abord une question d'organisation pour réunir les artistes. Nous ne sommes pas une compagnie. Il n'y a pas de leader.Nous pourrions varier les outils si nous avions un budget plus conséquent et un endroit où expérimenter. L'Akrylonumérique, c'est une double performance : la réaliser et la faire... C'est un peu le mythe de la Caverne (ndlr :Allégorie de Platon sur la réflexion de la connaissance et de l'ignorance). Nous pensons que voir l'action de la projection dans l'installation est aussi importante que le support. Cette relation étrange entre écran, technique, technicien et spectateur crée un véritable rapport que nous n'aurions plus si nous dématérialisons le support. Qu'est ce que peut amener ce type de rencontre et d'installation sur le discours et la rencontre avec le public? Nick : Il y a une part d'interprétation libre du public. Les lignes, les signes et le vocabulaire urbain sont toutes ces dynamiques. Pour le public ceux sont des vecteurs, mais nous ne leur dictons pas la façon de regarder les choses. Nous mélangeons des icônes et les idées collectives que nous nous faisons à partir d'une image et sa vision universelle. Gilbert : Pour un acteur, par exemple, nous voyons cette relation à la littérature à travers le jeu et la voix. Le process, ici, c'est le mur et l'image qui rebondit dessus. Mais se sont les spectateurs qui se posent sur la réflexion de l'action. Un mot sur la façon dont vous voyez l'urbanisme en tant qu'artiste. Nick : Nous sommes graffeurs, donc acteurs de l'espace public. Nous vivons l'urbanisme comme des Street Artists. Il y a une gestuelle qui est la même sur scène mais dans un contexte théâtralisé. Nous avons dans l'exécution cette même spontanéité et rapidité d'exécution. Gilbert : Déjà, je suis très attaché à la ville, je n'ai connu que ça. Je suis un citadin dans l'âme, quand je voyage, c'est de ville en ville. Paris est un terrain de jeu avec des repaires stables. Cette ville représente le pouvoir, l'urbanisme qui marque l'histoire avec cette idée de musée et de la Culture figée. La ville de Banlieue est pertinente et chaotique…rien n'est défini, tu apprends. Nick : J'espère que l'Akrylonumérique trouvera un écho dans les grandes villes du monde, car l'installation fait parti de l'imaginaire collectif. Le Street Art exploite les failles de l'urbanisme, dans un sens. Gilbert : C'est pour ça qu'il est important pour nous de proposer la performance qu'est Akrylonumérique dans différents lieux et cadres.
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L'homme est doté de cinq sens. Le monde virtuel et la technologie modifient nos perceptions des choses. En un clic de souris, nous avons accès à une bibliothèque sans limites de prouesses artistiques. Nous attendons de la technologie un éveil des sens décuplés et fantasmés... Back to the reality, l'homme est derrière les machines, c'est lui qui alimente, interroge et propose le dialogue. Akrylonumérique ou l'éveil des sens. Des artistes dans le passé comme Kandinsky ont travaillé sur le rythme et les couleurs.


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